

Quand je rencontre un enfant TSA pour la première fois, je prends le temps de faire connaissance aussi bien pour moi que pour l'enfant.
Il ne faut pas oublier que j'interviens à domicile, au sein de sa maison, le plus souvent dans sa chambre, dans son espace à lui, dans sa bulle. Donc je rentre dans sa zone de confort, de sécurité. Je suis une intruse et on doit apprendre à se connaitre.
Je m'assois à côté de lui, souvent au sol, avec différent jeux autour de moi et je fais... rien d'exigeant! On prend le temps de s'observer, échanger des regards, souvent furtifs, de tenter des échanges, d'y aller avec douceur.
C'est ce que l'on appelle le pairing : c'est créer ce lien qui va être la base de mon travail éducatif et permettre à l'enfant que m’intégrer dans son monde et d'accepter de "travailler" avec moi en toute confiance.
Sans ce lien, rien n'est possible. C'est comme si vous chercher à connecter votre téléphone et vos écouteurs mais que vous me mettez pas en route le Bluetooth. Ça ne fonctionnera pas. Pas de connexion.
C'est établir ce premier contact, rendre cette première rencontre agréable, la plus douce et positive possible pour pouvoir construire au fil des séances un vrai lien, une complicité et être le repère, une personne ressource sécurisante.
Concrètement, ça veut dire : je m'intéresse à ce qu'il fait déjà (son jeu, sa stéréotypie, son objet d'intérêt), je ne coupe pas, je ne redirige pas, je ne teste pas. Les premières séances peuvent ressembler à « rien » pour un œil extérieur — et c'est normal, et c'est essentiel. Je veux juste que l'enfant m'intègre à son espace, qu'il m'accepte.
Pourquoi ça compte autant ?
Parce qu'un enfant TSA a souvent appris, avant même de me rencontrer, que les adultes = demandes, exigences, évaluations.
Si je rentre dans ce schéma dès le premier jour, je deviens un signal d'alerte de plus. Et l'enfant se mettra sur la défensive, déclenchera une crise face à cette contrainte de plus ou aura des angoisses en ma présence et ce n'est absolument pas le but lorsque l'on fait appel à un.e éducateur.rice spécialisé.e en libéral.
Le pairing inverse ça : je viens tisser un lien fiable, sécurisant, rassurant. Et ce n'est qu'à partir de ce moment-là que l'enfant peut apprendre, coopérer, se laisser guider — pas avant.
Ce n'est pas une perte de temps. C'est la fondation. Sans elle, tout le reste s'écroule ou se construit dans la contrainte.
Il n'y a pas de temps défini car cela dépend de chaque enfant, chaque situation. Parfois en 2/3 séances, le lien est créé parfois cela peut prendre plusieurs semaines/ mois. Mais même si le pairing est "en cours" cela ne signifie pas que rien ne se passe bien au contraire et je n'attends pas en regardant le temps passé!
Ce lien de pairing est essentiel chez un enfant ayant un TSA mais il l'est aussi pour tous les enfants que j'accompagne!
N'hésitez pas si vous avez des questions, je me ferai un plaisir de vous répondre.

À propos

Hello 👋 Je suis Aurore, éducatrice spécialisée libérale et voici mon blog. Hâte de vous accompagner.